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Baromètre France Num 2026 : 40 % des TPE-PME utilisent l’IA, et les autres ?

12 octobre 2026 · 6 min de lecture · Cecile
Baromètre France Num 2026 : 40 % des TPE-PME utilisent l’IA, et les autres ? Intelligence artificielle
Article · Intelligence artificielle Stratégie digitale · Pau & Sud-Ouest

Selon le baromètre France Num 2026, 40 % des TPE-PME utilisent au moins une solution d’intelligence artificielle, trois fois plus qu’en 2024. Le chiffre impressionne, mais il mesure qui a essayé, pas qui en tire un vrai bénéfice. Voici ce que les données montrent vraiment, et quoi en faire si vous faites partie des 60 % qui n’ont pas encore commencé.

À retenir

✦ 40 % des TPE-PME utilisent l’IA en 2026, contre 13 % en 2024. C’est 53 % chez les PME et 38 % chez les TPE.

✦ L’usage reste surtout la rédaction de contenus (34 %) et les assistants conversationnels (24 %).

✦ 68 % des utilisatrices jugent l’impact positif : 84 % chez celles qui paient, 56 % chez celles qui restent sur du gratuit. C’est une association, pas une preuve.

✦ 31 % des entreprises qui utilisent l’IA n’ont aucune compétence sur le sujet et pas de projet d’en acquérir.

✦ Le baromètre ne dit pas pourquoi les autres n’y vont pas. Sur le terrain, j’entends surtout : pas le temps, pas d’usage identifié.

Baromètre France Num 2026 : ce que disent les chiffres sur l’IA

Le baromètre est réalisé chaque année par le Crédoc pour la Direction générale des Entreprises. L’édition 2026 repose sur 9 655 entreprises interrogées entre le 23 mars et le 18 avril 2026. Premier réflexe à avoir : ces chiffres décrivent le printemps, pas la rentrée.

La progression de l’IA est nette :

Année Ensemble TPE-PME TPE PME
2023 5 % 4 % 6 %
2024 13 % 12 % 16 %
2025 26 % 24 % 34 %
2026 40 % 38 % 53 %

Côté usages, deux pratiques dominent : générer du texte, de la voix ou des images (34 %, +12 points) et utiliser un assistant conversationnel pour chercher une information (24 %, +10 points). Les usages qui demandent davantage de préparation, comme l’analyse de documents, l’automatisation de tâches ou l’analyse de données, restent autour de 10 %.

Autrement dit, l’IA sert d’abord à écrire plus vite. Elle s’intègre encore rarement dans la façon dont l’entreprise fonctionne.

Payer pour l’IA : ce que le 84 % ne dit pas

Parmi les entreprises qui utilisent l’IA, 52 % s’en tiennent aux versions gratuites. Les autres paient au moins un outil, ce qui représente 19 % de l’ensemble des TPE-PME (32 % des PME).

Le chiffre le plus repris est celui-ci : 68 % des utilisatrices jugent que l’IA a un impact positif sur leur entreprise. Ce taux monte à 84 % chez celles qui paient et descend à 56 % chez celles qui restent sur du gratuit.

Il serait tentant d’en conclure qu’il suffit de prendre un abonnement. Ce serait une erreur de lecture. Les entreprises qui paient sont plus souvent des PME, du secteur numérique (73 % d’entre elles paient), qui travaillent en BtoB, avec des dirigeants plus diplômés. Elles avaient très probablement un usage précis avant de sortir la carte bancaire. Le baromètre constate l’écart, il ne l’explique pas.

Ma lecture : on paie quand on a trouvé un usage, pas l’inverse.

Et les 60 % qui n’utilisent pas l’IA ?

Le baromètre permet de voir qui reste à l’écart. L’usage tombe à 30 % dans le bâtiment, 29 % dans le transport-logistique, 27 % dans l’agroalimentaire et 18 % dans l’agriculture. Il est de 36 % dans les entreprises de 1 à 4 salariés, de 25 % chez les dirigeants de plus de 71 ans et de 20 % chez ceux qui n’ont pas le bac.

Ce que le baromètre ne dit pas, c’est pourquoi. Aucune question n’est posée aux non-utilisateurs sur leurs freins.

Deux autres signaux méritent l’attention. D’abord, l’IA n’arrive qu’en cinquième position des priorités numériques pour 2026-2027 (18 %, -1 point), loin derrière la préparation à la facturation électronique (39 %). Ensuite, près d’un tiers des entreprises qui utilisent déjà l’IA n’ont ni compétence sur le sujet ni projet d’en acquérir. L’usage monte, l’intention d’investir non.

Ce que j’observe chez mes clients

Chez les dirigeants de TPE que j’accompagne et qui n’utilisent pas encore l’IA, les mêmes raisons reviennent :

  • Pas le temps de tester. Ils savent que ces outils existent, mais l’essai passe toujours après l’urgence du jour.
  • Ils ne voient pas l’usage dans leur métier. L’IA leur paraît faite pour les agences et les métiers du bureau.
  • Ils ne connaissent aucun cas d’usage concret pour leur activité. Les exemples qu’on leur montre parlent rarement de leur quotidien.
  • Un premier essai décevant. Une question posée à un outil gratuit, une réponse générique, et l’affaire est classée.

Ces raisons se rejoignent : personne ne leur a montré à quoi l’IA servirait dans leur journée à eux.

Les erreurs que je déconseille quand on démarre

  1. Payer avant d’avoir un usage. Un abonnement pris « pour voir » reste rarement rentabilisé. Testez d’abord en gratuit, sur une tâche précise.
  2. Publier sans relire. Un texte généré peut contenir des erreurs, des approximations ou un ton qui ne vous ressemble pas. Votre nom reste dessus.
  3. Coller des données sensibles dans un outil gratuit. Avant d’y mettre des informations clients, des devis ou des chiffres internes, lisez les conditions d’utilisation et les réglages de confidentialité de l’outil.
  4. Vouloir tout automatiser d’un coup. L’automatisation demande un processus clair au départ. Commencez par une tâche simple. J’explique comment avancer étape par étape dans cet article sur l’automatisation des tâches marketing sans coder.

L’IA n’est pas non plus la bonne réponse à tout. Si une tâche revient deux fois par an, ou si personne dans l’entreprise ne sait expliquer comment elle se fait, l’outil n’y changera rien.

Par où commencer, concrètement

Choisissez une seule tâche qui revient chaque semaine et vous pèse, puis testez un outil gratuit sur cette tâche uniquement, pendant quelques semaines. Je compare les principaux outils dans mon comparatif des outils IA pour la communication, et je détaille la méthode complète, du choix de la tâche à la mesure des résultats, dans mon guide de l’IA pour les TPE et PME.

Questions fréquentes

Le baromètre France Num 2026 est-il fiable ?

Il repose sur 9 655 entreprises, avec un redressement par taille, secteur et région, et une marge d’erreur annoncée inférieure à 1 %. C’est l’enquête de référence sur le numérique des TPE-PME. Gardez en tête qu’elle est déclarative : « impact positif » reflète le ressenti des dirigeants, pas une mesure de résultat.

Une IA gratuite suffit-elle pour une TPE ?

Pour démarrer, oui dans la plupart des cas, et c’est le choix de 52 % des utilisatrices. Le passage au payant se justifie quand vous butez sur une limite concrète : volume, fonctionnalité manquante, besoin de confidentialité.

Est-ce grave de ne pas encore utiliser l’IA ?

Vous êtes dans la majorité : 60 % des TPE-PME ne l’utilisent pas, et plus de 80 % dans l’agriculture. Le vrai risque n’est pas d’arriver tard, c’est d’adopter un outil sans savoir à quoi il vous sert.

Faut-il se former avant de commencer ?

Pas forcément avant, mais pas trop tard non plus. Parmi les entreprises qui utilisent l’IA, la moitié déclare disposer de compétences sur le sujet et 16 % sont en train de se former. Une formation est surtout utile une fois que vous avez identifié votre premier usage.

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Sources

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Cécile Verdier - Consultante communication digitale Pau
Cécile Verdier
Consultante communication digitale · Pau (64)

Depuis 14 ans, j'aide les TPE et PME du Sud-Ouest à développer leur présence digitale : sites WordPress, SEO, IA et automatisation. Ancienne coordinatrice logistique du Teréga Open Pau-Pyrénées (8 éditions ATP) et des Jeux Olympiques Paris 2024 — la même rigueur au service de votre projet.